Le rôle de la bouffe dans votre vie & comment reprendre le contrôle

Rôle de la bouffeEst-ce qu'il vous arrive de manger sans avoir faim, de manger pour des raisons autres que pour combler vos besoins physiologiques ou nutritifs? Si la bouffe est devenue pour vous plus qu'un approvisionnement pour votre corps, qu'une façon d'obtenir les nutriments de haute qualité, crus et vivants dont vous avez besoin pour fonctionner, d'une façon saine, équilibrée et libre de toute dépendance, alors l'article que voici devrait pouvoir vous offrir de quoi... vous mettre sous la dent!

Voyez le temps que nous passerons ensemble ici comme une opportunité de vous poser certaines questions qui vous éclaireront et vous dirigeront dans une direction plus saine, plus vibrante d'énergie et, surtout, plus libre.

Vous vous sentez brave? Lançons-nous, alors.

Les raisons de manger

De toutes les raisons qui nous poussent à porter fourchette à bouche, les émotions sont certes parmi les plus omniprésentes. Pour beaucoup, ce que nous mangeons est d'abord et avant tout une question de sensations: de l'anticipation à l'acte de manger jusqu'aux conséquences après le fait. Nous mangeons pour rassasier, stimuler, relaxer, combler, requinquer le moral, distraire, récompenser, désennuyer, revigorer, énergiser, amuser, apaiser, remplir, occuper... Bref, toutes les raisons sont bonnes pour enfourner un p'tit quelque chose! Dans nos sociétés nord-américaine et européenne modernes, peu de personnes mangent exclusivement pour combler leurs besoins nutritionnels. Et même là, ça peut être toute une bataille.

Il est tout à fait normal d'avoir tout plein d'émotions liées à la nourriture et au fait de manger. Ça vous étonne? Hé bien oui, c'est parfaitement normal, commun, ordinaire. Et la bonne nouvelle c'est qu'il n'y a aucune bonne raison pour que ça ne change pas. C'est simple, vous verrez.

La plupart des façons malsaines (ou moins saines, désorganisées) de manger sont presqu'automatiquement éliminées lorsque nous adoptons l'Alimentation vivante équilibrée. Et ceci, non à cause de la grande discipline des amateurs d'alimentation vivante, mais simplement parce les végétaux crus et vivants que nous consommons appuient les processus naturels de notre corps: notre organisme reconnaît ces intrants et sait quoi en faire. La bouffe commerciale moderne est loin de faire le même effet! L'alimentation vivante, en nourrissant notre organisme, promeut en même temps une relation véritablement saine avec la nourriture. Au lieu d'aliments qui nous rendent dépendants, compulsifs, hyper-stimulés (hyperactifs), les aliments crus & vivants nous détoxifient, nous raffinent, nous énergisent.

L'alimentation vivante nous nourrit — au plein sens du terme.

Non seulement nourrir, mais, avec le temps, une alimentation vivante équilibrée nous libère et fait ressortir une plus grande confiance (face à la bouffe, justement). Une confiance et un respect se développe autour de l'acte sacré de manger, de nourrir notre organisme, de lui apporter les nutriments et le carburant dont il a besoin. Un bel effet secondaire de cette nouvelle relation plus équilibrée avec la nourriture est que celle-ci reprend la place qui lui revient, comme un intrant qui carbure la vie que nous voulons vivre [au lieu du « visage à deux faces » qu'elle est souvent pour beaucoup: parfois amie, parfois ennemie!].

Comment faire face à la musique

Dès que nous avons maîtrisé les rudiments de l'Alimentation vivante équilibrée et que nous consommons avec régularité une large proportion de cru, que notre routine se stabilise, alors nous voyons (de plus en plus clairement) comment nous « abusions » de la bouffe par le passé [et j'utilise le terme « abuser » très modérément ici]. Nous ne pouvons faire autrement: l'alimentation vivante équilibrée ne se prête tout simplement à pas ces comportements déséquilibrés ou de dépendance, et elle n'est pas très bonne non plus à servir de distraction, de « mécanisme d'enfouissement » d'autre chose.

Lorsque les émotions nous assaillent, il n'est que trop facile (et habituel) de courir s'enfouir la face dans de la malbouffe (le plus gras, chimique, salé/sucré, le mieux!). Moins habituel, mais phénomène qu'on voit parfois chez certains amateurs d'alimentation vivante, est le fait de tenter de manger ses émotions en se bourrant la face de cru jusqu'au point de l'inconfort (souvent dans des mets riches, déshydratés et lourds). Qu'est-ce que ça vous dit quand ça arrive? Que la bouffe est utilisée, à ce moment précis, d'une façon déséquilibrée, inappropriée pour quelqu'un qui recherche la santé, le bien-être et la longévité, qu'il est temps de faire face à la musique, de jeter de la lumière sur la cause sous-jacente et de la régler, une bonne fois pour toutes. C'est tout de même préférable à se fermer les yeux (ce qui est l'équivalent de jeter de l'essence sur le feu des déséquilibres alimentaires).

Par contre, savoir intellectuellement ce qu'il faut faire, et le faire, sont, je le sais, deux choses totalement différentes. Là réside une bonne partie de mon travail de coach! Si vous avez utilisé la bouffe (ou le breuvage) comme façon d'ensevelir vos émotions, pour stimuler ou, au contraire, refouler quelque chose d'une manière ou d'une autre [comme la vaste majorité des gens le font!], il y a fort à parier que vous ne réussirez pas du jour au lendemain à appliquer ce savoir de façon pratique dans votre vie. Et vous savez quoi? C'est normal ça aussi.

Comment faire alors?

Je suis une fervente promotrice du « lentement mais sûrement », du changement graduel, qui nous laisse le temps de nous adapter, qui ne nous brusque pas, qui va à notre rythme personnel. Ne dit-on pas: « Chassez le naturel et il revient au galop. »? Il faut nous laisser le temps de refaire notre « naturel ».

Surtout lorsqu'il est question de domaines plus subtils, comme les émotions, il est de loin préférable d'avoir une approche plus douce. L'énergie des émotions est plus subtile [par opposition à l'énergie d'une pomme ou d'un fauteuil, par exemple, qui sont des énergies plus concrètes, plus condensées, plus lourdes]. Elle est plus variable et plus facile à influencer. Ainsi, en voulant changer trop rapidement nos énergies émotionnelles, il est possible de faire l'expérience d'un effet de pendule: plus nous « forçons » le changement d'un côté, plus nous résisterons dans la direction opposée. Ce qui peut créer parfois des problèmes pires après le changement qu'avant celui-ci.

Par exemple, c'est ainsi que des personnes, pourtant bien intentionnées mais trop « extrêmes » dans leur approche, qui n'avaient aucune conscience de ce qu'elles mangeaient dans le passé, développent des troubles alimentaires suite à un changement vers une alimentation sensée être plus santé. Ainsi, il est préférable de commencer par faire de petits changements et de nous laisser le temps de nous ajuster. Qui dit que les changements doivent impérativement être inconfortables, désagréables et bouleversants? Ils peuvent tout aussi bien être opérés tout en douceur, presqu'imperceptiblement, dans l'harmonie et la joie.

Bon, je divague... En revenant au sujet du présent article, il y a plusieurs facettes au fait de manger de façon désordonnée et/ou émotionnelle: il me serait impossible de les aborder toutes ici. Mais je vais tout de même vous offrir quelques suggestions qui vont vous aider à vous lancer, lorsque vous vous sentirez prêt à le faire. Ces suggestions vous aideront à creuser un peu sous la surface, à votre rythme, à y voir un peu plus clair dans vos comportements autour de la nourriture. Vous pourrez ainsi prendre conscience de ce qui mérite révision, modification, ou carrément, élimination.

D'abord, la bouffe

Si vous savez avoir une tendance bien établie à manger pour des raisons autres que nutritionnelles, n'essayez pas d'éliminer toutes vos « béquilles alimentaires » d'un coup [à moins d'être conscient et prêt à faire face aux conséquences!]. Vous pouvez « apaiser la bête », dans un premier temps, d'une façon moins nuisible. Opérez une mise à niveau de ce que vous mangez, en y ajoutant autant d'alimentation vivante que vous pouvez. À ce stade-ci, il est fort possible que vous mangiez trop, et ce pendant un bout de temps. Par contre, vous pouvez vous féliciter d'avoir fait cette mise à niveau, ce qui veut dire que les aliments que vous surconsommez sont des aliments bons pour votre santé. Et vous verrez, ça fait une différence (surtout si vous avez opté de choisir des aliments issus de culture biologique, entiers et frais). Cette mise à niveau est un changement qui se fait assez facilement, sans trop d'effort conscient de votre part.

Un exemple pratico-pratique? Disons que vous êtes « une bête de sucre », que vos aliments-réconforts sont souvent sucrés, raffinés, du genre chocolats ou pâtisseries et gâteaux. Comment opérer une mise à niveau? Vous pourriez remplacer, du moins en partie, ces aliments par des fruits frais, par des fruits secs (si vous avez vraiment la dent sucrée). Si au lieu d'enfourner une pâtisserie, vous optez pour la moitié d'un cantaloupe bien mûr, garni d'une crème de cajou ou d'un pouding de graines de chia (si désiré) déjà là, vous avez fait une mise à niveau tout en douceur et contenter votre rage de sucre. Au lieu d'une boisson gazeuse, optez pour un délicieux smoothie vert (1 mangue + 1 généreuse poignée de jeunes épinards): que de vitalité vous allez prendre à chaque gorgée! Si vous consommez du pain, vous pourriez changer votre habituelle baguette (de farine de blé blanchi) par un bon pain de grains entiers, pumpernickel peut-être, puis après un bout de temps, par du pain bio de grains germés. Éventuellement, lorsque vous vous sentez prêt à le faire, vous pourriez abandonner complètement le pain cuit en faveur de versions déshydratées. C'est tout simple, comme vous voyez.

En effectuant ces mises à niveau, laissez éclore votre créativité dans la présentation et l'utilisation que vous faites des végétaux crus et vivants. L'idée n'est pas tellement de devenir un chef ni un fin gourmet, mais plutôt de rendre ce cheminement gratifiant tant pour vos émotions que pour vos sens. Vous voulez que votre nouvelle façon de manger soit tout aussi capable de vous combler émotionnellement (et à tous les autres niveaux) que vos anciennes habitudes... et même plus! La vérité, c'est qu'à moins d'adorer tout ce que vous mangez, vous ne tiendrez pas le coup. C'est aussi simple que ça. À moins d'avoir une discipline d'enfer, si vos choix alimentaires sont forcés et ne vous comblent pas, vous retournerez à vos vieilles façons de manger en un rien de temps. Vous devez aimer le goût de votre alimentation vivante, son apparence, son odeur, tout quoi! Vous allez très assurément adorer les bienfaits que vous en récolterez. Contrairement à ce que beaucoup véhiculent comme idée, une mise à niveau alimentaire n'a pas à faire figure de régime d'austérité: je préfère de loin une approche qui allie choix conscients à la joie et au plaisir. Nous voulons en faire un cheminement de toute notre personne, ce qu'il est en vérité.

Mangez seulement des aliments sains que vous aimez.

Ensuite, vous voudrez progressivement viser de vous sentir en paix avec vos choix alimentaires. Le but est que la bouffe reprenne sa juste place: un carburant pour notre vie (et non une obsession, une épine ou une béquille). La nourriture a pour but d'apporter des nutriments essentiels et bénéfiques à notre organisme. Un organisme en santé nous permet de vivre pleinement notre vie. Encore ici, c'est un processus qui se fait par étapes, en prenant graduellement de plus en plus conscience de notre état d'esprit autour de la nourriture, et en l'utilisant de moins en moins comme outil émotionnel. Vous trouverez de nouvelles façons d'apprécier vos aliments et développerez des émotions plus positives autour de ceux-ci.

L'objectif ultime est d'en arriver à un point où nous consommons des aliments qui nous font nous sentir vraiment bien à tous les niveaux (tant physique qu'émotionnel que mental que spirituel) et de consommer surtout des aliments qui nous font nous sentir équilibrés, en paix, centrés [notez comment je n'ai pas utilisé le terme exclusivement ici!]. Nous en venons à nous sentir vraiment bien par rapport à nos choix alimentaires, confiants que nous mangerons seulement quand nous aurons faim, en toute conscience. Ça, c'est la vraie maîtrise de notre alimentation!

Ensuite, les motivations

Afin de faciliter notre cheminement en alimentation vivante, afin d'éviter autant que faire se peut les sentiments de « vide », afin de nous permettre d'atteindre avec succès de nouveaux sommets personnels, il est crucial que nous sachions ce qui rend nos choix alimentaires si attirants. Qu'est-ce qui motive vos choix, quoi! Quels aliments vous stimulent? Lesquels vous relaxent? Qu'est-ce qui titillent vos papilles? Qu'est-ce que ce que vous mangez tous les jours fait exactement pour vous? Quels besoins ou vides sont comblés?

Quel rôle est-ce que la bouffe joue dans votre vie qui serait mieux comblé par autre chose? [Remplacer un sac de biscuits par un bon massage, par exemple, ou une pointe de pizza par une jasette avec un bon ami?] C'est une bonne réflexion à faire. Est-ce que la nourriture joue le rôle d'ami, d'ennemi, de parent, ou d'amant? Dressez une liste de ce que vous mangez et, à côté, indiquez le rôle que chacun joue dans votre vie. Vous y gagnerez un tout nouveau niveau de clarté. C'est un super début pour élucider vos motivations, ce qui vous pousse à avoir tel ou tel comportement face à la nourriture.

Il peut être intéressant aussi d'identifier ce que les diverses parties de votre corps ont à dire au sujet de vos choix alimentaires. Bizarre comme idée? Pas tant que ça. Est-ce que votre coeur vous réclame une pointe de gâteau au chocolat (pour apaiser quelque tristesse)? Est-ce que vos papilles gustatives vous réclament un caramel (pour adoucir quelque épreuve)? Peut-être est-ce votre bedon qui crie famine? Qui exactement mène la barque en termes de nourriture? Et, surtout, qu'est-ce que vous pouvez faire pour apaiser ou aider cette dimension de vous qui actionne vos jambes en direction du frigo le plus près?

Armé de cette connaissance, vous disposez de tous les outils nécessaires pour affronter la vie avec plus d'équilibre et de magnanimité. Vous pourrez ainsi combler tous vos besoins d'une façon constructive qui n'implique pas systématiquement ouvrir le bec pour y enfourner quelque chose. Vous pourrez ainsi faire l'expérience d'être rassasié, à tous les niveaux, au plein sens du terme.

Jeter de la lumière sur votre côté obscur — aussi impénétrable semble-t-il être — est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire. Vous libérez ainsi des quantités faramineuses d'énergie, énergie qui pourrait être utilisée de façon bien plus agréable qu'à alimenter le « p'tit démon » qui vous chuchote à l'oreille toutes sortes de comportements négatifs, brisant vos meilleures intentions, sapant votre motivation et réduisant à néant tous vos efforts vers une santé, un bien-être et une longévité optimisés.

Si vous avez en vous de commencer à poser ces questions, et de trouver les réponses aussi honnêtement et authentiquement que vous le pouvez, tout en faisant preuve d'une grande compassion envers vous-même, vous serez bel et bien en route vers une saine relation avec la nourriture. Un tout petit prix à payer pour une si merveilleuse réalisation, vous serez d'accord avec moi, j'en suis certaine!

Bises contrôlées,
Sheryl-Anne xx

Commentaires   

#1 audrey potvin 04-12-2015 19:41
Un bien bel article, comme tous les autres! Un grand merci du fond du cœur pour vos explications des plus précises et motivantes!!! Je suis dans le domaine de la nutrition, mais jamais ne n'avez "rencontré" de personnes aussi inspirantes en la matière que vous. Et j'ai demandé au Père-Noel (oui, j'y crois encore quand ça m'arrange!), de m'offrir le livre "L'alimentation vivante simplifiée" afin d'amorcer la nouvelle année sous le signe de la vitalité!
Sincèrement,

Audrey
#2 CrusineSanté 05-12-2015 16:35
Merci Audrey pour ce gentil commentaire! xx