Ail: petit bulbe aux grands bienfaits

ail Les membres de la famille des alliacés (ail, oignon, échalote...) méritent de figurer régulièrement à notre menu cru: la combinaison unique de flavonoïdes et de composés soufrés qu'ils contiennent leur confèrent des propriétés neutraceutiques exceptionnelles.

L'ail, consommé cru, ajoute énormément de goût [il faut y aller avec parcimonie, à mon humble avis!], de saveur et de nutrition à plusieurs mets crus, de la soupe à la trempette en passant par le pâté, le fromage à base de noix, ainsi que les pains et craquelins.

D'où nous vient l'ail? On pense que ce bulbe nous vient de l'Asie centrale et qu'il serait un des légumes les plus anciens à être cultivés. L'ail était considéré comme sacré par les Égyptiens qui en garnissaient la tombe des pharaons. On en donnait aux esclaves afin d'accroître leur force et leur endurance.

Comment nettoyer et apprêter ce bulbe? La pelure est assez coriace; il faut donc peler chaque gousse avant de la consommer. Certains considèrent le germe (la partie centrale généralement un peu plus verte de la gousse) comme indigeste. Ce germe est la jeune pousse, donc pleine de vie. Lorsque je prépare un mets qui contient de l'ail frais, j'aime bien écraser la gousse dans un coin de ma planche à découper [J'utilise le côté plat du couteau et un petit coup sec de la main: squish!], et donner ainsi une chance aux enzymes présentes de développer les composés bénéfiques.

Pourquoi en manger? Avec la mauvaise haleine qui en résulte, certains préfèrent s'abstenir. Et pourtant, l'ail regorge de tellement de bienfaits pour notre santé, sans compter qu'un tout petit peu d'ail cru « va loin », comme on dirait. Il serait triste de s'en priver! On lui attribue des bienfaits au niveau cardiovasculaire, des propriétés anti-inflammatoires, antibactériennes et antivirales, en plus de contribuer à prévenir le cancer. De plus, des recherches récentes démontrent que l'ail améliore le métabolisme du fer.

Analyse nutritionnelle

L'ail offre un profil de macronutriments exceptionnel. Trois (3) gousses d'ail cru (9 g) fournissent 13 calories et...

  • 0,6 g de protéines (soit 2% de l'ANR),
  • 3 g d'hydrates de carbone (soit 1% de l'ANR),
  • 0 g de gras (soit 0% de l'ANR),
  • et 0,2 g de fibre alimentaire (soit 1% de l'ANR)

Un niveau des micronutriments, nos 3 gousses d'ail cru (9 g) sont...

  • une excellente source de manganèse (0,2 mg, soit 8% de l'ANR),
  • une très bonne source de...
    • vitamine B6 (0,1 mg, soit 6% de l'ANR),
    • vitamine C (2,8 mg, 5% de l'ANR),
  • une bonne source de...
    • sélénium (1,3 µg, soit 2% de l'ANR),
    • calcium (16,3 mg, soit 2% de l'ANR),
    • tryptophane (5,9 mg, soit 1% de l'ANR),
    • phosphore (13,8 mg, soit 1% de l'ANR),
    • vitamine B1 (0,02 mg, soit 1% de l'ANR),
    • cuivre (0,03 mg, soit 1% de l'ANR).

Si ces nombres vous semblent... ordinaires, il faut vous rappeler de la quantité dont il est question ici. Dans une si petite quantité, c'est tout un tour de force d'avoir autant d'éléments nutritifs!

L'utilisation thérapeutique de l'ail est quasi omniprésente. Il est triste, cependant, de constater que d'innombrables personnes la consomment sous forme de comprimés (souvent désodorisés) alors que l'ail cru est plus efficace [certains composés sont inévitablement perdus ou dénaturés!] et contient assurément encore quelques belles surprises nutritives et thérapeutiques insoupçonnées pour l'instant.

L'ail renferme divers « antibiotiques naturels », dont l'ajoène, des agents anticholestérolémiants [abaissant le taux de cholestérol], et de l'inuline, un prébiotique stimulant le développement des bactéries bénéfiques de la flore intestinale. Intéressant, non?

Les extraits d'ail sont utilisés en naturopathie dans le traitement du rhume: ils raccourciraient la durée et la sévérité des symptômes. On leur attribue aussi une efficacité modérée pour ce qui est de réduire le risque d'hypertension artérielle.

La consommation régulière d'une gousse d'ail (3 g) par jour réduirait de moitié le risque de divers cancers du système digestif: estomac, colon et rectum. On pense aussi que certains types de cancers de la tête, du cou, du poumon, du sein et de la prostate seraient aussi réduits par la consommation régulière d'ail.

Finalement, on lui attribue aussi des effets hypolipidémiants [abaissant le taux de gras dans le sang], anticoagulants, antihypertenseurs, chélateurs [se combinant à d'autres susbtances indésirables pour en faciliter l'élimination], antioxydants et immunostimulants.

Tout ça dans une petite gousse d'ail? Qu'importe la mauvaise haleine — réglée rapidement en mâchant un brin de persil à la fin du repas — et en avant pour la santé! 

Bises ailleuses,

Sheryl-Anne xx