Comment arrêter de manger lorsque vous êtes rassasié

Assiette videIl devrait être naturel pour tout le monde de savoir quand arrêter de manger. Ça éviterait bien des soucis de surpoids, non? Mais, la réalité est toute autre pour beaucoup de personnes, ce qui occasionne une pléthore d'ennuis. 

Le corps humain possède un processus naturel qui lui dit quand il a suffisamment de nourriture pour assurer sa subsistance. La plupart d'entre nous reconnaissons assez facilement le signal donné à ce moment. Ce qui fait que nous l'écoutons ou non, par contre, a souvent plus à faire avec les émotions entourant la nourriture et votre personnalité alimentaire, que le processus corporel qui fait défaut, bien que ceci soit possible et que ça se produit.

Savoir dire « Non, merci. »

Savoir quand arrêter de manger est une combinaison de trois facteurs très étroitement liés:

  • l'émission et l'écoute du signal de votre corps indiquant la satiété
  • votre personnalité alimentaire
  • les aspects subtils rattachés à votre nourriture: les émotions, les souvenirs, les routines, la pression sociale, etc.

La présente discussion pose comme fondement que le processus corporel fonctionne bien et que le problème est à un autre niveau, non physique.

Prenez moi, par exemple: j'ai été élevé, comme beaucoup, à vider mon assiette. Une fois adulte, j'ai perpétué le même modèle. Mais, étant cuisinière débutante, et parce que je suivais méticuleusement les recettes (souvent pour 4 à 6 personnes), je me suis retrouvée bien vite avec des surplus, à chaque repas, qu'il m'était impossible de consommer. J'ai ainsi appris à laisser de côté les portions pour lesquelles je n'avais pas faim. Ceci me donnait des repas prêts à manger pour les jours suivants, ce que j'appréciais. J'ai donc appris à manger à ma faim, à décrocher de cette habitude de finir mon assiette, puis à arrêter de manger lorsque mon corps me signalait qu'il était rassasié. Naturellement. Parfois, une recette qui était originalement pour 4 personnes finissait par me donner 6 ou 7 repas, d'autres fois, ce n'était que 3. Tout dépendait de mon appétit ces jours-là.

Ce qu'il faut que je précise ici, c'est que la nourriture pour moi, n'a toujours été qu'un carburant: le plus souvent, ma nourriture quotidienne est apprêtée très simplement. Je mange par nécessité, parce que mon corps me le dicte. Manger plus ne fait pas de sens pour moi. En fait, si je mange plus, je ne ressens pas plus de plaisir: je me sens congestionnée et nauséeuse. Il est facile de voir, avec de tels arguments, que je fuis autant que possible ce genre d'expérience. Ceci dit, ce n'est qu'une facette de ma personnalité alimentaire: je suis multi-dimensionnelle, comme la plupart des gens. J'ai mon côté gourmet aussi.

Étude de cas

Prenons maintenant le cas de Stéphanie, une cliente (dont j'ai changé le nom afin de préserver l'anonymat et qui m'a autorisé à partager ceci avec vous). Pour elle, la nourriture est une expérience: elle cuisine des heures durant, prend du temps pour choisir ses ingrédients, goûte et goûte encore en préparant son plat et lorsque finalement elle s'assied pour le manger, elle le déguste à petites bouchées, s'émerveillant à chaque goût, texture et couleur. C'est une grande sensuelle! Pour elle, plus d'une bonne chose, c'est mieux! Elle tombe donc plus facilement dans les excès de table: elle peut consommer toute une boîte de chocolats en une soirée, ou finir la meule de fromage avec un bon pain bien frais sans problème. Elle adore le plaisir sensuel de manger, ou, pour dire les choses autrement, elle trouve du plaisir dans l'acte de manger en tant que tel.

Est-ce que vous percevez le problème que peut avoir Stéphanie? Elle a parfois (souvent même!) de la difficulté à arrêter de manger lorsque son corps lui dit qu'il est rassasié: elle mange trop! La faim n'est pas le moteur de sa consommation de nourriture, et donc, pas son frein non plus. Est-ce que ça veut dire qu'elle est condamnée à afficher un surpoids pondéral toujours croissant? Mais non! Ce qu'elle a dû apprendre à faire, et ceci faisait l'objet de mon coaching, c'est de travailler dans le sens de sa personnalité alimentaire, au lieu de lutter contre sa nature profonde. Elle a obtenu ainsi des résultats très satisfaisants, et durables.

Comment procéder pour briser le cycle?

Afin de pouvoir mieux contrôler votre attitude face à la nourriture, un oeil observateur est nécessaire. Observez-vous à chaque fois que vous mangez, que ce soit un repas, une collation, une p'tite gâterie à la sauvette, ou machinalement sans y penser. Faites ceci pendant une semaine complète. Écrivez les observations au fur et à mesure (afin de ne rien oublier) dans votre Journal alimentaire (papier ou virtuel), que vous conserverez afin de vous y référer lorsque le besoin se fait sentir. Pendant que vous vous observez, et que vous vous poserez les questions ci-dessous, je vous prie de ne poser aucun jugement: seulement l'observation la plus neutre dont vous soyez capable.

Lorsque vous mangez trop, ou sans avoir faim, demandez-vous:

a) quels sont les aspects négatifs pour moi? (ex.: surpoids, gaspillage, énergie passée à digérer au lieu d'autre chose, impact sur la santé, etc.)

b) quelles raisons ou excuses est-ce que je me donne pour trop manger ou manger lorsque je n'ai pas faim?

Choisissez l'aspect négatif qui vous occasionne le plus grand inconfort ou le plus de problèmes et créez-vous une affirmation qui l'inverserait et écrabouillerait son emprise sur vous. Ex.: si le surpoids vous empêche de partir à la recherche de l'âme soeur par manque de confiance, dites-vous quelque chose du genre: « Je mange seulement lorsque j'ai vraiment faim ce qui fait que je mincis pour atteindre mon poids-santé. Je pourrai donc me lancer à la recherche de l'âme soeur avec plus de confiance. »

Faites le test: Pour une journée (ou une fin de semaine) mangez seulement la quantité minimale requise pour être rassasié, sans plus. Préférablement que du cru. Notez comment vous vous sentez. Comparez ceci à comment vous vous sentez lorsque vous mangez mal, ou trop, ou lorsque vous n'avez pas faim. Tirez les conclusions qui s'imposent, et ajustez un aspect de votre façon de manger dans la semaine qui suit. Épatant, n'est-ce pas?

Attention à la détox émotionnelle

La détoxification naturelle qui survient lorsqu'on mange mieux, et surtout lorsqu'on mange une grande quantité d'aliments crus, peut fausser votre appréciation de vos résultats, et ainsi votre conclusion. Les émotions et la nourriture sont souvent très liées: il faut tenter de distinguer l'une de l'autre afin de pouvoir se défaire de l'esclavage de la fourchette... Deux articles qui vous aideront à faire le point:

Bises rassasiées (sans plus!),

Sheryl-Anne xx