S'affranchir de la bouffe-réconfort

S'affranchir est si... délicieux!Est-ce qu'il vous arrive de manger sans avoir faim? La majorité du temps, il y a une quête de réconfort dans ce geste. Dans un premier article, Le réconfort est-il dans votre assiette?, vous avez exploré quels aliments figuraient le plus souvent sur votre liste d'aliments-réconfort, ainsi que les émotions ou situations entourant leur utilisation (« utilisation » comme dans le fait de se servir de quelque chose pour obtenir un résultat quelconque; ici, la nourriture est utilisée pour passer d'un état d'inconfort à un état « autre »).

Il existe des aliments qui sont plus souvent « utilisés » lorsqu'une personne cherche un réconfort dans sa nourriture. Ces aliments ont des qualités et des effets qui les rendent tout particulièrement attirants.

Les aliments-réconforts usuels

Vous savez peut-être (ou pas!) que je considère les aliments comme énergie, à différencier de source d'énergie (contenu calorique). Comme tout ce qui nous entoure, comme vous et moi, les aliments sont de l'énergie, ce qui veut dire que chacun a son énergie bien à lui. Tout comme en côtoyant une personne joyeuse, nous devenons nous aussi plus joyeux, lorsque nous consommons un aliment, son énergie devient notre énergie. Il y a fusion énergétique.

C'est un choix la plupart du temps très inconscient, celui de consommer un aliment pour sa qualité d'énergie. En fait, généralement ce lien n'est jamais fait, à moins que l'aliment rende son consommateur particulièrement inconfortable. Lorsque nous choisissons de propos délibéré de consommer des aliments crus et, particulièrement des vivants, ce changement d'énergie est perçu avec plus de vividité, peut-être parce qu'il est si contraire à l'effet des aliments habituellement (qui alourdissent, engourdissent, ralentissent, alors que les aliments crus et vivants tendent à donner de la vigueur, de la clarté et à rendre plus vif).

Suit une liste des aliments les plus souvent utilisés pour leurs qualités « réconfortantes ». En examinant en plus de détail chaque aliment-réconfort, j'espère vous expliquer plus précisément comment s'opèrent biochimiquement et énergétiquement ces choix souvent inconscients. En vous offrant cette connaissance des qualités énergétiques des aliments-réconforts, je veux vous ouvrir une perspective nouvelle et unique, qui vous permette de choisir plus consciemment vos aliments à l'avenir, et ainsi briser les geôles de la dépendance alimentaire, de l'utilisation de la nourriture comme moyen de mitiger vos expériences de vie.

1) Le fromage, le yaourt, et les produits laitiers

Les produits laitiers, et le fromage particulièrement, ont une énergie réconfortante, maternelle. Et c'est parfaitement normal, lorsque nous considérons qu'ils proviennent des sécrétions glandulaires d'une maman (bien que pas de notre espèce). L'énergie recherchée en consommant ces produits laitiers est celle de la relaxation, du bonheur béat, de se sentir dorloter. Pour la plupart d'entre nous, passés le stade de la petite enfance, les produits laitiers ne réconfortent qu'un moment: ensuite, ce sont souvent les douleurs occasionnées par leur digestion qui restent marquées dans notre esprit et dans notre corps. Les produits laitiers, étant donné leur propension à exacerber la production de mucus chez les gens, enduisent notre intérieur, et, par le fait même, nos émotions. Ainsi, il y a une barrière (figurée et réelle) entre celui qui le consomme, et le monde extérieur, entre les émotions « enduites » et la réalité de la vie.

2) Le pain, les pâtisseries et les gâteaux

Les produits cuisinés à base de blé (surtout raffiné, évidemment), le pain, les pâtisseries et les gâteaux, produisent chez le consommateur un effet sédatif, un brouillard mental. Certains attribuent cet effet à la capacité qu'a le blé à déclencher nos propres mécanismes internes de production de substances aux effets sédatifs. Le pain communique donc à celui qui en mange une énergie lente, de relaxation, de vacances. D'où l'expression « casser la croûte ». Ainsi, en consommant ce « pain », une pause est marquée, tant physiquement qu'énergétiquement, dans un rythme de vie souvent trop rapide et exigeant.

3) Le vin, la bière et l'alcool

Il est de connaissance commune que l'alcool peut créer une dépendance. Il y a toujours une bonne raison pour prendre un verre, n'est-ce pas? « Tout le monde le fait, fais-le donc! », et en avant pour la pression sociale! L'alcool, peu importe sa forme, n'est pas vraiment un liquide qui dispose de beaucoup d'arguments favorables justifiant sa consommation régulière. Les « mérites » attribués au vin, par exemple, proviennent des raisins et de ses pépins (au cas où vous ne le saviez pas). L'effet sédatif de l'alcool aide plusieurs à relaxer, à décrocher, à sortir de leur tête pour un moment. Le problème provient justement de cet attribut: en sortant de sa tête, en déposant momentanément les rênes de son chariot, le consommateur laisse le « poste vacant », si on veut. Qui prend les décisions pendant ce temps, alors?

4) Les pommes de terre (patates)

L'humble pomme de terre (patate) est accusée de bien des maux dans la vie: celui de faire engraisser, entre autres. Mais, dans notre contexte, c'est son énergie qui nous intéresse. Vous vous surprendrez peut-être à consommer des patates frites lorsque vous cherchez à freiner une croissance personnelle trop rapide, que vous voulez revenir sur Terre (deux p'tites minutes!) et marquer un temps d'arrêt. Les pommes de terre contiennent une grande quantité d'amidons qui sont lents à digérer, alourdissant le corps pendant le transit. Elles ont une énergie dense. Ainsi, l'énergie de son consommateur est ramenée au niveau de la terre, devient plus docile, moins fonceuse. L'énergie passe d'active à passive.

5) Le chocolat

En tout dernier, j'ai mis le chocolat. Ah! Celui-là! Certains l'adulent, d'autres le maudissent. Qu'il soit cru ou cuit, il s'accompagne toujours de son acolyte préféré: le sucre (raffiné ou cru). S'il est commercial, vous pouvez ajouter à ceci les produits laitiers. Donc, vous avez devant vous un mélange loin d'être idéal d'un point de vue nutritif, certes, mais aussi énergétique. Savoir que le cacao contient naturellement de la théobromine et un peu de caféine (deux stimulants) n'arrange rien. Effet stimulant ou sédatif, le chocolat a une énergie à deux visages, qui peut aller d'un côté comme de l'autre. D'où, j'imagine, sa grande popularité.

Laisser tomber la bouffe-réconfort

Maintenant que vous comprenez mieux le concept de chercher du réconfort au travers les aliments, et aussi quels sont les aliments les plus utilisés à cette fin, vous voudrez sûrement opérer des choix plus conscientisés, plus alignés avec vos objectifs-santé en alimentation vivante. Mais, comment faire?

Premièrement, sachez que tous n'ont pas la même facilité à abandonner leurs aliments-réconforts. Ensuite, sachez aussi que vous découvrirez une façon qui vous convient, avec un peu de recherche et de réflexion.

Alors, êtes-vous du genre déterminé, à vous dire « Bon, ça y est, je me lance! » et que c'est exactement ce qui se produit? Ou êtes-vous du genre qui a besoin d'une approche plus douce, graduelle? Votre réponse ici change la vitesse et la vigueur de la méthode choisie. Si vous êtes du premier groupe, allez-y gaiement et sans arrière-pensée. Si vous faites partie du second groupe, allez-y plus graduellement, à votre rythme, sans brusquer les choses.

Une fois la décision prise, et en tenant compte de l'approche qui vous convient le mieux, je vous suggère de vous trouver des occupations pour canaliser l'énergie ainsi libérée. Parce qu'une fois les aliments-réconforts enlevés, votre énergie voudra aller à quelque part. Pensez à des façons constructives d'utiliser cette énergie, et ce temps aussi, des façons qui vous rapportent des bienfaits et qui vont dans le sens de l'énergie recherchée dans l'aliment-réconfort délaissé.

Par exemple, si vous cherchiez du temps de relaxation dans vos aliments, n'allez pas choisir de remplacer ceux-ci par un marathon de ménage. Cherchez des énergies similaires: si vous cherchiez de la relaxation, un bon bain moussant, une balade tranquille en forêt, la lecture d'un bon livre ou simplement écrire dans votre Journal intime pourraient être de bons choix de remplacement. Vous pourriez aussi rechercher des aliments plus santé, plus alignés avec vos objectifs, qui auraient les mêmes énergies, et remplacer les vieux aliments-réconforts par ces nouveaux choix plus conscientisés.

Allez-y à votre rythme, en étant toujours tendre avec vous-même. Soyez bon envers vous-même, sans être bonasse [il y a une différence!]. Les habitudes se cultivent, et se changent, avec le temps.

Commencez par vous dresser une liste des aliments-réconforts et de leurs remplacements. Vous pouvez utiliser les listes que vous avez commencées à la lecture du premier article, Le réconfort est-il dans votre assiette. Si cela peut vous être utile, faites ce travail sur 3 colonnes:

  1. l'aliment-réconfort
  2. l'émotion vécu ou énergie recherchée
  3. le remplacement


Si vous prenez le temps de faire ce travail [et je vous encourage grandement à le faire!], gardez cette liste près de vous, en tout temps. Vous aurez un plan d'attaque incroyable pour parer à toute situation.

Et l'alimentation vivante là-dedans?

Je suis certaine qu'à ce stade-ci de votre lecture, vous voyez plus clairement l'avantage de l'alimentation vivante dans la libération de la nécessité de trouver réconfort dans son assiette, et, au final, dans le fait de s'affranchir des dépendances alimentaires.

Cet avantage est serti du privilège de vivre pleinement nos émotions. Privilège auquel tout le monde n'aspire point! En fait, si vous y pensez bien, c'est l'antipode de la bouffe-réconfort: avec cette dernière, vous cherchez à éviter l'émotion, la situation. En mangeant une large proportion d'aliments crus et vivants, il est de plus en plus difficile de s'enfouir ainsi la tête dans le sable et de ne pas faire face à l'inconfort.

Comment faire face, alors? Très simplement en étant pro-actif, en allant au devant des situations et des émotions qui nous troublent, et en agissant. Oui, oui! Agir. Le temps n'est plus à la passivité avec l'énergie de l'alimentation vivante qui circule dans votre corps. Il faut être actif. Je sais pertinemment que c'est plus facile à dire qu'à faire pour beaucoup, et que le moment n'est pas toujours bien choisi... Mais, c'est la réalité, la vérité pure et dure: l'énergie de l'alimentation vivante ne saurait être « engluée ».

Et, de toute façon, n'est-ce pas en grande partie ce qui vous a attiré à l'alimentation vivante au début? Ce potentiel énergétique, ce mouvement, cette croissance? Alors, prenez une grande respiration, fixez avec détermination l'horizon (vos objectifs), mettez bravement un pied devant l'autre (posez de petits gestes concrets dans la direction de vos objectifs), et vivez votre vie. Pleinement.

Avec le temps, l'alimentation vivante devient la bouffe-réconfort que nous recherchons: nous désirons son énergie pétillante, sa vivacité, sa fougue. C'est avec celle-ci que nous pouvons voir grand et que nous osons bravement oeuvrer vers la manifestation de nos rêves les plus grandioses. Il y a de loin plus de réconfort dans cette réalité que dans l'évasion temporaire et partielle offerte par les aliments-réconforts.

Bises pétillantes,
Sheryl-Anne xx