Vous manquez d'énergie? Voici pourquoi.

manque d'énergieIl n'est pas rare pour moi d'entendre des commentaires du genre: « Je me sens bien mieux à manger cru, mais je n'ai pas toute cette énergie dont on parle tant! ». Est-ce votre cas?

Beaucoup de gens en manque d'énergie finissent par consulter un professionnel de la santé pour tenter de résoudre leur problème. Avec ce qui passe pour de la bouffe de nos jours, il n'y a rien d'étonnant à ce que les gens souffrent d'un criant manque d'énergie: la digestion d'un repas « typique » [évidemment cuit, la plupart du temps, contenant des aliments raffinés, et d'autres de source animale] est incroyablement taxant pour l'organisme. De plus, même ce que les experts appellent un repas-santé, dans plusieurs cas, est loin de l'être!

Il existe une foule de raisons possibles qui expliquent un manque relatif d'énergie. J'aimerais me concentrer sur une des raisons les très courantes: le fait de trop manger.

Que ce soit cru ou cuit, manger plus que ce que notre corps requiert est toujours problématique. Digérer ce trop-plein de nourriture surtaxe notre système digestif, requérant énormément d'énergie. Digérer un énorme repas peut complètement nous vider de toute notre énergie. Comme preuve, pensez à l'inévitable coma post-festin de Noël! La tante qui cogne des clous sur le coin de la table... L'oncle qui ronfle paisiblement au salon... Ouaip! Digérer, ça demande beaucoup, beaucoup d'énergie!

La digestion est le processus corporel qui consomme le plus d'énergie.

Ça peut paraître incroyable que la nourriture ait un effet si dramatique sur l'énergie globale d'une personne, mais c'est bien le cas. Ce que nous choisissons de manger, et la quantité que nous ingurgitons, affectent directement notre niveau d'énergie.

Lorsque nous consommons des aliments crus et vivants, les demandes énergétiques sont diminuées, relativement parlant. Nos aliments crus et vivants incluent les enzymes nécessaires à leur digestion: ceci permet une énorme conservation d'énergie digestive. Par contre, si le repas contient beaucoup de lipides, il est à prévoir que le processus sera plus énergivore.

Alors, comment se fait-il que certaines personnes qui mangent cru n'ont pas la merveilleuse énergie que d'autres, comme moi, vantent à qui veut bien l'entendre? Selon mes observations (et celles de plusieurs autres dans le domaine), ce serait une question de manger seulement lorsque nous avons authentiquement faim.

La triste conséquence de notre société d'abondance est que la plupart des gens ne savent pas ce qu'est la véritable faim, ou encore, n'attendent pas d'en faire l'expérience avant de manger. Le résultat incontournable de cet état de fait est que la plupart des gens mangent alors que leur corps n'en n'a pas physiologiquement besoin: ils mettent plus de « carburant » que nécessaire pour que l'organisme fonctionne correctement. Dans ce cas, l'organisme n'a d'autre choix que d'utiliser sa précieuse énergie pour digérer le trop-plein de nourriture. Cette énergie aurait autrement été disponible pour... courir? rêver? danser? se sentir bien? Qui sait! Elle aurait pu être utilisée à autre chose de plus agréable, c'est certain!

Une des plus belles leçons que nous puissions retirer de notre cheminement en alimentation vivante est d'apprendre à attendre la véritable faim avant de manger. Et je dis faim, pas famine. Il y a une différence! Si vous avez tellement faim que vous vous lancez sur la première chose devant vous [et, combien vous pariez que cette chose n'est ni crue, ni santé?], vous avez attendu trop longtemps. Avoir authentiquement faim n'est pas un sentiment de privation, de besoin impérieux. Lorsque nous avons authentiquement faim, notre corps est prêt à recevoir de la nourriture: il l'attend avec joyeuse anticipation, il la reçoit avec délice (que ce soit simple ou complexe), et il la digère efficacement. Le sentiment final en est un de gratitude [pas de « Ouf! J'ai échappé à la mort de près! » Vous comprenez la différence?].

Lorsque nous avons véritablement faim, un simple bol de laitue devrait nous remplir de joie. Pourquoi je parle de verdure? Simplement parce que c'est l'aliment qui suscite le moins de réactions de dépendance que l'on puisse imaginer. Nos papilles gustatives sont si capricieuses et faciles à influencer... La verdure est vraiment nutritive et notre organisme le sait (en autant que nous ayons mangé de la verdure auparavant). Si vous sentez une attirance vers cette pomme de laitue qui vous titille depuis sa tablette au frigo, vous avez véritablement faim. Allez, c'est le bon moment: mangez-la!

Ça peut prendre des années avant de maîtriser l'art de ne manger que lorsque nous avons physiologiquement faim, mais ça vaut la peine de s'y entraîner. Il n'y a rien de plus gratifiant, croyez-en mon expérience, que de manger un repas pour lequel notre corps est véritablement et totalement prêt. Notre nourriture goûte meilleure. Nous apprécions pleinement chaque bouchée. Et la digestion est facilitée. [Pas besoin de finir la digestion du repas précédent avant d'attaquer la digestion de celui-ci!]

Une fois l'habitude prise de ne manger que lorsque nous avons vraiment faim, même si on nous offre quelque chose alors que nous n'avons pas faim, notre corps nous donne un signal très clair qu'il n'en veut pas (souvent sous forme de répulsion ou de nausée). C'est carrément stupéfiant ce que notre corps peut nous apprendre, si seulement nous l'écoutons.

Lorsque nous apprenons à manger que lorsque nous en avons besoin, nous pouvons faire l'expérience de ce que c'est que la digestion efficace, rapide et sans problème de notre nourriture. [Adieu fermentation, putréfaction et... flatulences!] Tout, à partir de la préparation du repas jusqu'à sa consommation, est plus agréable. C'est comme accueillir un bon ami qu'on n'a pas vu depuis un moment: quel bonheur! Tout notre organisme est prêt, se réjouit, et tire pleinement profit de cet apport alimentaire.

Il est ironique qu'on nous apprenne les « bonnes manières » à table, mais qu'on ne nous apprenne jamais à manger convenablement. Le maniement correct d'un couteau et d'une fourchette est, de toute évidence, plus important que de savoir si nous sommes véritablement prêts à manger... [Je sais que c'est plus complexe que ça: je dramatise ici. Ne m'en voulez pas! N'empêche que ça expliquerait pas mal de problèmes de surpoids...]

Un corps purifié apprécie ne recevoir de la nourriture que lorsqu'il en a besoin.

Ne méprenez pas mon propos ici: je ne suis pas de celles qui glorifient la privation, surtout de nourriture. Ce dont je parle ici, c'est une façon d'être autour de la nourriture et de s'en servir comme carburant pour notre corps d'une façon qui soit pleinement constructive et positive. Ce dont je parle ici, le sentiment profond derrière tout ça, c'est de la gratitude pour ce que la nourriture nous apporte et pour la merveille qu'est notre corps. À mon avis, négliger l'importance de cette expérience, refuser de la vivre, ça, ce serait une vraie privation.

Dans les jours qui suivent, prenez le temps de remarquer les signaux de faim que vous lancent votre corps. Ne regardez pas l'horloge, ne pensez pas en termes de règles à suivre. Prêtez une attention toute particulière aux divers degrés de faim que vous ressentez. Et tentez l'expérience d'attendre la faim physiologique, la vraie faim, avant de manger.

C'est du matériel un peu plus avancé, je sais, mais j'ai cru que vous l'apprécieriez. Même si ça peut semble contre-intuitif. Même si ça peut être apeurant. Si vous commencez à incorporer cette pratique dans votre quotidien, vous serez sûrement surpris de constater que, apparemment par magie, vous disposez de plus d'énergie. De beaucoup plus d'énergie! Et, bonus, vous perdrez peut-être ces quelques kilos tenaces qui vous collaient à la peau « sans raison apparente ». Vous renouvellerez assurément votre amour pour la nourriture saine, pour votre Alimentation vivante équilibrée. Et, tout ceci, j'en suis certaine, ne fera que vous donner plus de matière à réflexion, plus de joyeuses pistes à explorer.

Sans compter que, si vous y pensez bien, si nous ne mangeons que lorsque nous avons authentiquement faim, notre facture d'épicerie risque fort de diminuer. Héhé!

Attendre d'avoir vraiment faim avant de manger nous apporte une pléthore de bienfaits, dont l'abondante énergie n'est qu'une des nombreuses et diversifiées manifestations.

Bises énergisées,
Sheryl-Anne xx