Le réconfort est-il dans votre assiette?

bouffe-réconfortIl y a une grande ironie au fait que ce que nous appelons « bouffe-réconfort » ne fait qu'ajouter... à notre malaise! Êtes-vous de ces personnes qui transportez plusieurs kilos de « réconfort » autour de la taille, des hanches et des cuisses? Quel réconfort en tirez-vous? N'est-il pas triste que notre quête de réconfort nous amène à souffrir davantage, ajoutant fardeau physique à l'original fardeau émotionnel?

Prenons le temps d'examiner ensemble le phénomène de se réfugier dans son assiette pour échapper aux aléas de la vie, et qu'est-ce qui nous amène à avoir tant besoin de réconfort en tout premier lieu.

Manger sans avoir faim

Vous arrive-t-il de manger lorsque vous n'avez pas faim? Si l'acte de manger est sensé combler le besoin physiologique de manque d'énergie — une pénurie de carburant en d'autres mots —, alors pourquoi est-ce que tant de personnes portent fourchette à bouche alors que l'organisme a tout le carburant dont il a besoin? Intéressante question...

Prenez un moment pour réfléchir aux moments où vous, personnellement, vous avez mangé alors que vous n'aviez pas physiologiquement faim. Utilisez la dernière semaine ou le dernier mois comme cadre temporel. Comment vous sentiez-vous juste avant de manger? Étiez-vous triste, seul, stressé, vidé, ennuyé? Étiez-vous content, excité, inspiré, enthousiaste? Il est possible que ce soit une seule émotion, ou un mélange d'émotions. Vous pouvez écrire le résultat de votre réflexion, si vous le désirez, question de pouvoir vous y référer à l'avenir.

Maintenant que vous avez réfléchi aux émotions, pouvez-vous tracer un lien direct entre certains aliments et certaines émotions? C'est une autre réflexion intéressante à faire. Pour certaines personnes, ce sont toujours les mêmes quelques aliments-réconforts qui sont utilisés à toutes les sauces. Pour d'autres, certains aliments-réconforts sont utilisés lorsque certaines émotions font surface, et d'autres lorsque l'émotion change. Encore ici, vous pouvez écrire le résultat de votre réflexion.

Le facteur réconfort

Les émotions sont un flot d'énergie intérieure qui circule. Étant pure énergie, les émotions sont faites pour être vécues, ressenties, perçues par notre conscience, pour être finalement libérées. Une émotion qui est, pour une raison ou une autre, embouteillée, stagnante, refoulée, cause des problèmes, de par sa nature fluide.

Les émotions positives (joie, inspiration, bien-être, etc.) ne sont que rarement causent d'inconfort: nous voulons les vivre pleinement, et donc, nous les laissons s'exprimer, bouger. Par contre, là où il peut y avoir un problème, c'est dans leur libération. Si nous cherchons à nous maintenir artificiellement dans cette émotion, elle devient stagnante et, comme toute émotion dont nous entravons le mouvement, elle cause inévitablement des problèmes.

Les émotions négatives sont celles que nous cherchons, souvent à tout prix, à ne pas vivre: nous ferions presque n'importe quoi pour éviter ne serait-ce que le moindre moment d'inconfort. Et donc, ces émotions sont la plupart du temps refoulées, ignorées, enfouies. Mais enfouies avec quoi? Avec de la nourriture! Comment ça fonctionne exactement? Le fait de manger quelque chose (habituellement quelque chose qui abaisse notre énergie) endigue l'énergie fluide de l'émotion, la camouflant d'un couvert bien épais d'« énergie de digestion ». En effet, la digestion requiert une énorme quantité d'énergie, ce qui limite toute libre circulation d'énergie ailleurs. Ce n'est pas une couverture qui dure longtemps, parce qu'aussitôt la digestion terminée (parfois même avant), l'énergie de l'émotion refait surface, et elle veut de nouveau bouger, s'exprimer, puis quitter les lieux.

Avez-vous déjà tenté de boucher une cheminée? Qu'arrive-t-il avec la fumée qui tente de sortir? Elle trouve d'autres issues. Ainsi en est-il de vos émotions. En mangeant, vous bloquez temporairement la sortie, l'expression, de vos émotions. Elles vont donc chercher d'autres sorties, d'autres façons d'être exprimées. Souvent, ce faisant, elles causent bien des gâchis.

Qu'est-ce qui fait donc que nous utilisons la bouffe comme moyen de réconfort, alors qu'elle semble si inefficace à le faire à long terme? L'attrait vient de l'effet immédiat: les aliments-réconforts sont souvent des aliments lourds, gras, qui abrutissent temporairement, qui engourdissent nos sens. Le résultat est celui recherché: l'émotion n'est pas ressentie... dans l'immédiat du moins.

Après le réconfort

L'effet pacifiant de la nourriture ne dure qu'un temps, et nous revoilà face à notre émotion qui veut toujours s'exprimer. Souvent, à cause de ce refoulement temporaire, elle revient à la surface avec plus de vigueur, réclamant avec plus de force le droit d'être exprimée, vécue et libérée. Si nous avions permis à cette émotion de s'exprimer librement lorsqu'elle s'est manifestée la première fois, nous ne serions pas dans cet état. Maintenant, non seulement nous avons une émotion sur les bras, mais de surcroît, nous avons accumulé quelques kilos, ou des problèmes de santé, en plus!

Il est de loin préférable de reconnaître que certaines émotions sont moins agréables à vivre que d'autres, mais qu'elles méritent tout de même d'être vécues. En fait, pour tout dire, ces émotions que nous disons négatives ont un message très important pour nous: l'écoutons-nous avec tout le respect, l'empathie et l'amour dont ce message est digne? Une émotion négative nous signale souvent qu'un changement est nécessaire si nous voulons vivre en harmonie.

Alors, prenez cette opportunité pour vous donner la permission de vivre chacune de vos émotions dans la semaine qui vient. Vivez chacune pleinement, dès qu'elle se pointe le bout du nez. Ne courrez pas vers le frigo, ou le resto le plus près, dès qu'un inconfort se fait sentir. Arrêtez-vous, et observez avec un certain détachement tout empreint d'amour, cette émotion. Écoutez ce qu'elle veut vous communiquer. Puis, laissez-la partir, en la remerciant de son apport à votre expérience de vie.

Si vous devez trouver refuge dans votre assiette, prenez au moins le temps de voir un peu les émotions qui vous y mènent. Dans un autre article, je vous explique le rôle de l'alimentation vivante dans la bouffe-réconfort.

Bises réconfortantes,
Sheryl-Anne xx

Commentaires   

#1 Johanne Levesque 28-08-2015 19:46
Wow ! Article très intéressant ! Merci !
#2 CrusineSanté 01-09-2015 11:53
Merci Johanne! xx
#3 Nancy 13-07-2016 07:46
Merci beaucoup!
Avec amour
Continuez votre travail de "Lumi-ère"
Bisoux
#4 CrusineSanté 18-07-2016 10:53
Merci Nancy! Ça me fait plaisir! xx